-
A Gaza, les ruses de couturiers pour recréer des robes de princesses
-
La France veut accélérer dans l'IA, à commencer par les services de l'Etat
-
Dans le bassin du Mékong, une "bombe à retardement" toxique
-
Présidentielle en Colombie: la gauche au pouvoir affronte une droite pro-Trump
-
Abelardo de la Espriella, le millionnaire admirateur de Trump qui veut mater les groupes armés
-
Ivan Cepeda, défenseur des droits humains et penseur de la gauche colombienne
-
Guerre au Moyen-Orient: l'Inde se tourne vers les engrais biologiques
-
La Bourse de Paris sur sa lancée après l'annonce d'un accord de paix
-
A Cuba, des familles survivent dans un gymnase, sans espoir de relogement
-
France: les émissions de gaz à effet de serre ont plus baissé que prévu en 2024 et 2025
-
Au G7, concertation avec Zelensky pour dessiner une issue à la guerre en Ukraine
-
Accord Iran/Etats-Unis: comment l'industrie pétro-gazière se prépare à l'après-guerre
-
Crise de la presse: une journée de mobilisation pour conjurer l'effondrement
-
Foot: l'Allemand Dino Toppmöller nommé nouvel entraîneur de Lens (club)
-
Andy Burnham, le "roi du Nord" qui lorgne Downing Street
-
Face aux compagnies aériennes, l'UE privilégie la protection des passagers
-
Xi Jinping assure son soutien au président birman à Pékin
-
Election cruciale pour l'avenir du Premier ministre Keir Starmer à Downing Street
-
De vastes zones de récifs coralliens pourraient résister au changement climatique, selon une étude
-
Fonction publique: un assistant IA pour tous les agents de l'Etat
-
"Même à Ouest-France": le premier quotidien français rattrapé par la crise
-
La chanteuse Bonnie Tyler est sortie du coma
-
En Ecosse, des moustiques responsables de l'arrivée d'un nouveau virus sous haute surveillance
-
Anna-Bella Failloux, une chercheuse face à la menace mondiale du moustique
-
Stériliser le moustique-tigre, le pari incertain d'une protection industrielle
-
Les rapaces chassent en fonction de la morphologie de leurs phalanges
-
Antilles: pour sauver leurs bananes, les producteurs comptent sur une nouvelle génération d'OGM
-
Mondial-2026: au tour de l'Argentine de se lancer, avec Messi évidemment
-
La France va investir 655 millions d'euros supplémentaires dans l'IA, annonce Lecornu
-
Réseaux sociaux et plateformes vidéo prennent le pouvoir sur l'info
-
Mondial-2026: accroché par la Nouvelle-Zélande, l'Iran se dit "maltraité"
-
Mondial-2026: c'est le grand jour pour les Bleus
-
Mondial-2026: L'Iran a joué, l'Espagne s'est ratée, aux Bleus de se lancer
-
Japon: la banque centrale relève son taux au plus haut depuis 1995
-
Mondial-2026: l'Iran accroché par la Nouvelle-Zelande, match des symboles en tribunes
-
"C'est l'équipe des mollahs": au Mondial, la sélection iranienne reniée par une partie de son public
-
Le chef de l'ONU attendu en Haïti en "solidarité" avec un peuple qui souffre
-
Près de la moitié des enfants du monde exposés à au moins 3 types d'aléas climatiques, alerte l'Unicef
-
Dernier jour pour l'offre hostile et contestée d'UniCredit sur Commerzbank
-
Boulangers et fleuristes: les débats sensibles autour du 1er-Mai reprennent au Sénat
-
Centrafrique: ouverture du procès de l'ex-président Bozizé pour crimes contre l'humanité
-
Assemblée: le débat sur l'autonomie de la Corse débute dans l'hémicycle
-
Le Parlement en passe d'allonger la durée de rétention d'étrangers jugés dangereux
-
Consigne plastique: le ministre reçoit mardi l'ensemble des parties prenantes
-
La justice examine une remise en liberté de l'ex-anesthésiste Frédéric Péchier
-
L'Europe va donner son ultime feu vert à l'accord commercial avec Trump
-
Au G7, coup de projecteur sur l'Ukraine, éclipsée par l'Iran
-
Mondial-2026: le Sénégal veut surmonter l'absence "regrettable" de ses supporters (dirigeant)
-
Mondial-2026: L'Iran entre en lice, l'Espagne piétine, la Belgique patine
-
Liban: à Nabatiyé, les habitants découvrent leurs commerces et maisons en ruines
Face aux risques climatiques, le rouge de Provence se fait solidaire
Au printemps dernier, quand un gel "historique" s'est abattu sur son vignoble, Pierre Michelland a perdu 100% de sa récolte. Neuf mois plus tard, avec ses copains de l'association Rouge Provence, il met la dernière main à leur cuvée "solidaire", qui permettra d'aider d'autres vignerons victimes d'aléas climatiques.
Deux ans après le coup de grêle qui a dévasté ses vignes en 2023, Myrko Tépus est là aussi. Tout sourire, comme la trentaine de vignerons venus de toute la Provence viticole qui, chaque fin septembre, mettent en commun leurs raisins - 100 kg chacun - pour vinifier leur "Plaisir solidaire", un assemblage de cépages, climats et terroirs différents, allant des Alpilles jusqu'à Nice.
Aujourd'hui, c'est l'"habillage" du millésime 2023: étiquetage des 1.737 magnums, cirage des cols, mise en cartons.
Dans le grand hangar du domaine des Béates à Lambesc (Bouches-du-Rhône), le travail en musique a commencé dès 08H30. Sur l'étiqueteuse ou devant les cireuses, ça rigole, certains esquissent des pas de danse et chacun y va de son commentaire sur les 33 visages de vignerons dessinés sur l'étiquette.
Installé depuis 22 ans sur le domaine de La Réaltière à Rians, dans le Haut-Var, Pierre Michelland n'a rien oublié des quatre jours d'avril où la température est descendue jusqu'à -5,5°C.
"Les bourgeons étaient sortis en avance car on avait eu un hiver exceptionnellement doux et un coup de chaud en mars. Et fin avril, on a eu ce gel violent comme la région n'en avait pas vu depuis plus de 30 ans: tout le vignoble a été détruit... Rouge-Provence s'est mise en branle: j'ai pu récolter des cépages choisis chez certains vignerons de l'association et grâce aussi à des achats de raisins, j'ai assuré 70% de ma récolte habituelle."
En mai 2023, Myrko Tépus avait lui perdu 90% de sa récolte, après quatre orages de grêle consécutifs sur son domaine d'Esparron-de-Pallières (Var). "Les copains de l'association m'ont tous donné du raisin et j'ai pu sauver mon année", raconte le jeune vigneron.
- "Le dérèglement, on le vit" -
"Le dérèglement climatique, on le vit. Il est flagrant, avec la multiplication des épisodes de grêle, de chaleur précoce, de gel tardif... On a complètement perdu les saisons", témoigne Pierre-François Terrat, du domaine des Béates. "Cette année, ce sont quatre vignerons de l'association qui ont vu leur récolte détruite. Là, on ne pouvait pas donner du raisin à tout le monde sans nous mettre nous-même en danger."
Les fonds récoltés grâce à la vente du "Plaisir Solidaire" ont permis de louer pour l'un un élévateur, pour l'autre un camion, et de financer des événements promotionnels sur les domaines sinistrés.
Une journée solidaire a aussi été organisée dans les vignobles. "Et quand 30 vignerons débarquent pour piocher ou tailler, ça fait gagner beaucoup de temps!", reconnaît Clara Fischer du Château Révelette à Jouques (Var) qui, comme son voisin de La Réaltière, a subi le "gel historique" de quatre jours, perdant 75% de sa récolte.
"Pour nous, en tant que jeunes, c'est rassurant, car on sait qu'on n'est jamais seul et qu'on peut demander conseil", confie la vigneronne, qui vient de reprendre avec son frère le domaine familial.
C'est le père de Clara, Peter Fischer, qui a fondé l'association avec Jean-Christophe Comor, des Terres Promises à La Roquebrussanne (Var).
"Au départ, on voulait exalter notre terroir et la singularité de nos rouges, mais en 2012 un ami vigneron a perdu toute sa récolte à cause de la grêle, et spontanément, avec des copains, on s'est mobilisés pour lui apporter des raisins", explique Jean-Christophe Comor. "Cette solidarité a permis de sauver son exploitation et on a voulu continuer en créant Rouge Provence, pour promouvoir nos vins rouges, dans une région dominée par les rosés (90% de la production en Provence, NDLR), et pour montrer qu'on était capables de s'entraider."
Aujourd'hui, Rouge Provence réunit 34 vignerons, la plupart en bio ou biodynamie, sur des domaines allant de 6 à 70 hectares.
"Nous partageons tous la même philosophie du métier et du vin, cette idée de +vins d'auteurs+", dit Pierre-François Terrat. Pour la cuvée solidaire, "nous ramassons nos raisins le même jour et nous les travaillons ensemble, souligne-t-il. "Cette vinification en commun est assez unique. On obtient un assemblage hors norme, mais très révélateur du millésime et qui a tous les marqueurs de la Provence!"
A.Mahlangu--AMWN