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Le Royaume-Uni en "alerte" face aux risques de violences malgré un retour au calme
Les autorités britanniques restaient "en état d'alerte" vendredi malgré un certain retour au calme après dix jours d'émeutes racistes et islamophobes à travers le Royaume-Uni, le gouvernement comptant sur des condamnations judiciaires rapides pour décourager de nouveaux heurts.
Malgré des incidents résiduels en Irlande du Nord jeudi soir, le reste du pays n'a pas connu de nouvelle éruption de violence depuis mardi, et mercredi des milliers de personnes se sont mobilisées pacifiquement dans les rues de plusieurs villes contre le racisme et l'islamophobie.
Mais à l'approche du week-end, le gouvernement s'inquiète notamment que la reprise du championnat national de football puisse donner lieu à de nouvelles tensions, alors que l'extrême droite a des liens historiques avec les sphères de hooligans.
Vendredi matin, dans la continuité du discours de fermeté qu'il a adopté depuis le début de cette crise, le Premier ministre Keir Starmer a appelé la police à rester "en état d'alerte" afin d'"assurer la sécurité de nos communautés".
Il s'exprimait devant des médias en marge d'un déplacement dans un centre de commandement de la police londonienne.
Des milliers d'agents des forces de l'ordre sont mobilisés depuis que les émeutes ont éclaté mardi dernier, après une attaque au couteau dans le nord-ouest de l'Angleterre, dans laquelle trois fillettes ont été tuées.
Près de 500 personnes ont été arrêtées, environ 150 ont été inculpées et la justice a commencé à délivrer des dizaines de condamnations à l'encontre d'émeutiers.
Le Premier ministre s'est dit "absolument convaincu" que cette "rapide" réponse policière et judiciaire a "eu un réel effet" dans l'absence de nouvelles violences en Angleterre depuis mardi.
D'autant que les chaînes d'information retransmettent en direct certaines audiences des tribunaux durant lesquelles des émeutiers, qui ont plaidé coupable, se voient notifier leur peine.
- Haine en ligne au tribunal -
Beaucoup d'entre eux ont écopé de peine de plusieurs années de prison pour avoir participé aux violences et aux affrontements contre la police.
Et pour la première fois vendredi, la justice prononcera les premières peines visant des personnes accusées d'avoir contribué à propager des messages de haine sur les réseaux sociaux en lien avec les émeutes.
A Leeds, un homme de 38 ans, a ainsi plaidé coupable d'avoir publié des messages d'incitation à la haine raciale sur Facebook, appelant notamment à attaquer un hôtel de la ville où des demandeurs d'asile sont hébergés.
Le bâtiment avait effectivement été pris pour cible, des manifestants ayant jeté des pierres et brisé des fenêtres.
Les violences avaient éclaté après la propagation de rumeurs sur internet affirmant que le suspect de l'attaque au couteau de Southport était un demandeur d'asile musulman. L'adolescent de 17 ans, inculpé et écroué, est en fait né au Pays de Galles, selon la police. Des médias ont indiqué que ces parents étaient originaires du Rwanda.
Jeudi, une femme de 55 ans, a été arrêtée pour avoir posté un message sur les réseaux sociaux dans lequel elle avait mentionné une fausse information sur l'identité du suspect.
Les réseaux sociaux "ne sont pas une zone de non droit", a insisté Keir Starmer vendredi, promettant que le gouvernement allait "se pencher" sur le sujet, après avoir déjà mis en garde ces derniers jours les réseaux sociaux et leurs dirigeants.
Ces condamnations doivent selon lui, servir de "rappel". "Que vous soyez directement impliqué (dans les violences) ou que vous ayez agi à distance, vous êtes coupable, et vous serez traduit en justice si vous avez enfreint la loi", a-t-il martelé.
Certains, comme le maire de Londres Sadiq Khan, appellent le gouvernement à réexaminer une nouvelle loi sur la sécurité en ligne votée l'an dernier mais qui n'est pas encore totalement entrée en vigueur.
"Je pense qu'elle n'est pas adaptée", a affirmé le maire de Londres, de confession musulmane, dans un entretien au Guardian.
D.Kaufman--AMWN