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A Gaza, l'accord de cessez-le-feu donne "l'impression de renaître"
Dans le sud de la bande de Gaza, avant même que le soleil ne se lève, une foule de Palestiniens a laissé éclater sa joie jeudi, après l'annonce d'un accord qui laisse espérer la fin d'une guerre dévastatrice de deux ans entre le Hamas et Israël.
"Dieu est le plus grand", crie une poignée de jeunes hommes, dont l'un se fait porter sur les épaules d'un autre en haranguant le groupe réuni devant l'hôpital Nasser de Khan Younès, avant de reprendre en coeur des slogans de célébration.
Plusieurs se filment pour les réseaux sociaux, un immense sourire sur le visage, tandis qu'un homme porte à bout de bras une enceinte diffusant des chants tout en projetant des lumières multicolores dans la nuit.
"Grâce soit rendue à Dieu pour ce cessez-le-feu, merci de mettre fin au bain de sang", lance Abdelmajid Abed Rabbo, un des jeunes rassemblés devant l'hôpital.
"Je ne suis pas le seul à être heureux: toute la bande de Gaza est heureuse, tout le peuple arabe est heureux", poursuit ce jeune homme aux cheveux bouclés. "Je remercie tous ceux qui se sont tenus à nos côtés et ont contribué à mettre fin à tout ce sang versé, je leur envoie tout mon amour depuis Gaza."
Le président américain Donald Trump a annoncé dans la nuit qu'Israël et le Hamas avaient donné leur feu vert à un accord de cessez-le-feu à Gaza et de libération des otages détenus par le Hamas ou d'autres groupes palestiniens.
Selon une source palestinienne proche du dossier, l'accord doit être signé dès jeudi en Egypte après des négociations marathon indirectes entre les belligérants mis sous pression internationale.
Mais plus au nord du territoire côtier palestinien, les explosions continuent, selon des témoins, et un journaliste de l'AFP a vu plusieurs panaches de fumée s'élever au milieu des décombres.
La Défense civile, une organisation de premier secours opérant sous l'autorité du Hamas, a fait état de quatre morts dans des bombardements ou tirs israéliens dans la nuit.
Sollicitée par l'AFP, l'armée n'a pas commenté dans l'immédiat.
Compte tenu des restrictions imposées aux médias à Gaza et des difficultés d'accès sur le terrain, l'AFP n'est pas en mesure de vérifier de manière indépendante les informations des différentes parties.
- "Toutes les blessures" -
Lancée en riposte à l'attaque sans précédent du Hamas en Israël le 7 octobre 2023, l'offensive israélienne sur la bande de Gaza a fait des dizaines de milliers de morts et dévasté ce petit territoire côtier en proie à un désastre humanitaire.
L'accord annoncé par M. Trump prévoit l'entrée d'un volume d'aide plus conséquent dans un territoire où l'ONU a déclaré des zones de famine en août, ce qu'Israël a qualifié de "mensonges".
"Malgré toutes les blessures, les morts et la perte de nos proches, nous sommes heureux aujourd'hui", confie un autre jeune du groupe, Ayman al-Najjar.
"J'ai perdu mes cousins, des amis, et il y a une semaine mon cher grand-père, que son âme repose en paix, mais aujourd'hui, malgré tout cela, nous sommes heureux", ajoute-t-il.
L'accord de cessez-le-feu s'appuie sur un plan de paix en 20 points pour Gaza, annoncé en septembre par le président américain Donald Trump.
"Grâce à Dieu, le président Trump a annoncé la fin de la guerre, nous sommes très heureux", salue d'ailleurs Waël Radouane, "nous remercions nos frères et tous ceux qui ont contribué, même par des mots seulement, à mettre fin à cette guerre."
— "Sentiment étrange" —
Dans l'immense camp de fortune d'al-Mawasi, également dans le sud du territoire, des habitants ont témoigné d'une même joie.
"Dès que je me suis réveillée, maman m'a dit: la guerre s'est arrêtée, il y a une trêve, et je lui ai répondu: alors ça veut dire qu'on ne va pas mourir aujourd'hui?" raconte Layan Massoud, 9 ans.
"Je suis sortie de la tente en criant à mes amies: il y a une trêve! Il y a une trêve!" poursuit-elle.
D'autres enfants ont dit à l'AFP espérer la réouverture prochaine des écoles, fermées depuis deux ans.
"C'est un sentiment étrange, indescriptible, après deux années de bombardements, de peur, de terreur et de faim, sincèrement, nous avons eu l'impression de renaître", note Khaled al-Namnam, 26 ans, joint par téléphone à al-Maghazi, dans le centre de la bande de Gaza.
Non loin, à Deir al-Balah, où d'autres déplacés se massent dans des habitats improvisés, Oum Bilal al-Hawajri abonde: "Quand on nous a dit que la guerre était finie, c'était comme si la vie revenait en nous."
J.Williams--AMWN