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Présidentielle au Honduras : l'ombre de Trump sur un scrutin indécis
Les électeurs du Honduras sont appelés dimanche à choisir entre la continuité d'un gouvernement de gauche ou le retour de la droite, dont un candidat à la présidence est soutenu par Donald Trump, qui s'est immiscé dans le scrutin.
Trois candidats sur les cinq en lice sont au coude-à-coude dans les sondages, rendant incertain le scrutin à un tour et l'acceptation des résultats en cas de score serré.
Les bureaux de vote ont ouvert à 07H00 locales (13H00 GMT) et fermeront à 23H00 GMT. Le conseil national électoral prévoit de dévoiler des résultats préliminaires dans la soirée.
Le parti Liberté et Refondation (Libre) de la gauche au pouvoir a déjà annoncé qu'il ne les reconnaîtrait pas, acceptant seulement le décompte total qui pourrait prendre des jours.
Quelque 6,5 millions de Honduriens doivent élire le successeur de la présidente Xiomara Castro, ainsi que 128 députés et des centaines de maires pour les quatre prochaines années.
L'avocate Rixi Moncada, 60 ans, candidate de Libre, affronte deux candidats de droite : la star du petit écran Salvador Nasralla, 72 ans, du Parti libéral (PL), qui se présente pour la troisième fois, et l'entrepreneur Nasry Asfura, 67 ans, du Parti national (PN), qui a reçu le soutien inattendu de Donald Trump.
- "Narco-communistes"-
Non content de le qualifier de "seul vrai ami de la liberté", le président américain a assuré qu'il "ne pourrait pas travailler" avec Rixi Moncada "et les communistes" et qu'il ne faisait "pas confiance" à Salvador Nasralla.
"Tito (ndlr: Nasry Asfura) et moi pouvons travailler ensemble pour lutter contre les +narco-communistes+ et apporter au peuple du Honduras l'aide dont il a besoin", a encore écrit M. Trump.
M. Asfura, entrepreneur de BTP et ancien maire de Tegucigalpa, concourt sous la bannière du parti de l'ancien président Juan Orlando Hernández (2014-2022), qui purge aux Etats-Unis une peine de 45 ans de prison pour trafic de drogue.
Donald Trump a annoncé vendredi qu'il allait accorder à ce dernier "une grâce totale et absolue".
Mme Moncada a dénoncé samedi l'ingérence de M. Trump: "Il n'y a aucun doute qu'il y a deux actions concrètes, à trois jours des élections, qui sont totalement interventionnistes."
"Chacun répond pour ses actes", a balayé M. Asfura, dont le nom a été cité dans des affaires de corruption et dans des dossiers d'évasion fiscale au Panama.
- Fortes tensions politiques -
Le président américain a adopté une posture résolument interventionniste en Amérique latine, n'hésitant pas à conditionner l'aide américaine à la bonne volonté des gouvernements et à ses affinités avec leurs dirigeants.
Ainsi, il a assuré que "s'il (Asfura) ne remporte pas les élections, les Etats-Unis ne gaspilleront pas leur argent".
M. Asfura mène sa seconde campagne présidentielle après avoir échoué en 2021 face à Xiomara Castro. Il a également reçu le soutien du président argentin et allié de Trump, Javier Milei.
Le scrutin se tient dans un contexte de fortes tensions politiques.
Rixi Moncada reproche à ses rivaux de droite d'être les "marionnettes de l'oligarchie putschiste". MM. Nasralla et Asfura, qui ont tous les deux des parents d'origine palestinienne, la qualifient de "communiste" alliée du Venezuela et de Cuba.
La droite et la gauche s'accusent mutuellement de préparer une fraude, dans un pays dépourvu d'arbitre électoral indépendant, et même si l'Organisation des Etat américains (OEA) et l'UE ont dépêché des observateurs.
- Pauvreté et violence -
Les candidats ont à peine abordé les préoccupations des Honduriens, la pauvreté et la violence.
Nasry Asfura a promis d'attirer des investissements, M. Nasralla de soutenir l'industrie et l'agriculture, et Mme Moncada de taxer les élites économiques.
Près des deux tiers des 11 millions de Honduriens vivent dans la pauvreté, et 27% du PIB du pays est abondé par les envois de fonds des Honduriens vivant aux Etats-Unis, soit 10 milliards de dollars.
Mais l'administration Trump a expulsé cette année environ 27.000 Honduriens et révoqué le statut de protection temporaire de 51.000 ressortissants.
Le Honduras est l'un des pays les plus violents de la région, avec 26,8 homicides pour 100.000 habitants, malgré une baisse due à l'instauration d'un état d'urgence par la présidente Castro.
La corruption et les liens avec le narcotrafic sont un autre défi de taille. Les trois partis favoris du scrutin ont été éclaboussés par des accusations.
Y.Aukaiv--AMWN