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Le dirigeant de l'opposition turque Ozgur Ozel n'envisage pas de quitter son parti
Le dirigeant de l'opposition turque, Ozgur Ozel, évincé par une décision de justice, a écarté mercredi toute idée de quitter le CHP, en pleine crise, pour fonder un nouveau parti, exhortant ses camarades à rester, ont rapporté les médias turcs.
Le CHP, plus ancien parti politique de Turquie, a été gravement ébranlé par une décision de justice rendue le 21 mai, qui a annulé la primaire interne de 2023 ayant porté Ozel à sa tête et a rétabli son rival vaincu, Kemal Kilicdaroglu.
Trois jours plus tard, la police antiémeute a fait irruption de force dans le siège du CHP à Ankara, tirant des gaz lacrymogènes et frappant des membres du parti avant de les expulser des lieux, a raconté Ozel à l'AFP dimanche soir.
Malgré la crise, Ozel s'est employé à étouffer rapidement les rumeurs selon lesquelles il pourrait quitter le parti pour fonder une nouvelle formation politique, et a exhorté ses camarades à en rester membre.
"Nous n'avons aucune intention de fonder un nouveau parti", a-t-il déclaré aux journalistes après avoir assisté à la prière à Manisa, près de la station balnéaire d'Izmir, le premier jour de la fête de l'Aïd el-Fitr, a rapporté le journal BirGun.
"Certains disent +nous devrions démissionner+, mais personne ne doit quitter le parti ni démissionner. Nous réglerons ce problème", a-t-il ajouté, réitérant ses appels à une primaire pour la direction "dès que possible".
"Nous espérons que Kilicdaroglu n'essaiera pas de diriger un parti dont il n'a pas été démocratiquement élu chef. J'ai une demande à lui adresser : que le dirigeant soit désigné par la décision de nos deux millions de membres".
Les critiques ont dénoncé la décision de justice comme la dernière tentative flagrante d'écarter les principaux rivaux politiques du président Recep Tayyip Erdogan avant les élections présidentielles prévues d'ici mai 2028.
La pression sur le CHP s'est intensifiée depuis sa vaste victoire aux élections municipales de 2024 sur l'AKP d'Erdogan, plus d'une douzaine de ses maires ayant depuis été arrêtés pour des accusations allant de la corruption à des liens avec le terrorisme.
L'arrestation et l'incarcération, en mars 2025, du maire d'Istanbul Ekrem Imamoglu — candidat du CHP à la présidentielle et plus puissant rival politique d'Erdogan — ont déclenché les pires troubles de rue qu'ait connus la Turquie depuis plus de dix ans, le parti menant des manifestations massives qui ont propulsé Ozel sur le devant de la scène.
Depuis, le parti progresse dans les sondages, tout en faisant face simultanément à une série de procès largement perçus comme politiquement motivés.
Y.Aukaiv--AMWN