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Vance, Rubio ou un autre? A Dallas, quand les trumpistes envisagent l'après
A deux ans de la fin de son second mandat, Donald Trump n'a pas encore adoubé de successeur. A Dallas, où il a réuni son camp, ses partisans ont confiance dans la capacité du parti républicain à offrir des prétendants solides, JD Vance et Marco Rubio en tête.
Cet avis est globalement partagé dans les travées et les couloirs de la grande salle de l'équipe de basket des Mavericks, transformée pour 48 heures en arène politique.
"Le parti a de la profondeur de banc", se satisfait auprès de l'AFP Tom Hoffman, à la tête de l'entreprise familiale de lavage auto à Albany, dans l'Etat de New York, en utilisant une expression en vogue dans les compétitions sportives pour désigner la qualité des remplaçants.
Donald Trump "crée toute une nouvelle génération de leaders", apprécie Susan Kokinda, qui tient à 77 ans un podcast conservateur.
"Nous sommes entre de bonnes mains. Nous avons des candidats plus solides que le Parti démocrate", considère Jane Melton, retraitée venue d'Indiana (nord).
Deux noms émergent, sans surprise : celui du vice-président JD Vance et celui d'un des visages les plus exposés et identifiés du gouvernement Trump, Marco Rubio, le chef de la diplomatie américaine.
- "Foi et famille" -
A 42 ans, le premier est souvent vu comme le successeur le plus naturel. Il a eu une occasion d'affirmer sa stature présidentielle jeudi soir à l'inédite convention républicaine de mi-mandat à Dallas.
Le deuxième, treize ans de plus, cumule les responsabilités depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche.
"Avant, pendant, après le discours", Cindy Phillips ne doute en aucun cas de l'étoffe de présidentiable de JD Vance. "Quand il a été investi vice-président, je l'ai entendu parler et j'ai dit +Oh, il sera le prochain président+. Il est phénoménal", raconte la sexagénaire texane.
"Je l'apprécie personnellement. Sa vision de la foi et de la famille est très importante à mes yeux. Et il a adopté la doctrine Trump. Or j'ai voté pour Trump pour sa doctrine. Alors la logique serait que JD Vance soit la personne qui la poursuive", développe Wilma May, avocate afro-américaine d'une soixantaine d'années.
Susan Kokinda, la podcasteuse du Michigan, partage ce point de vue. "Il comprend ce que fait Donald Trump pour revenir" au modèle économique qu'elle défend pour les Etats-Unis, qui consiste à "protéger notre économie" et "qui s'est en quelque sorte perdu au fil du temps", explique-t-elle.
"C'est le plus proche du président", observe Tom Hoffman.
- "Charme et esprit" -
Professeur à San Diego, Kyle Herman penche plutôt pour Marco Rubio, qui s'est déjà lancé dans la course à l'investiture républicaine une première fois en 2016, alors sénateur de Floride.
Si le Californien de 29 ans se dit "grand fan" des deux, pour leurs "personnalités intelligentes et charismatiques", il est particulièrement conquis par le "charme" et l'"esprit" du ministre d'origine cubaine.
"Il fait du très bon boulot, fait preuve d'une grande intelligence dans ses réponses, tout en restant sympathique, énumère-t-il. J'aimerais beaucoup le voir accéder à de très hautes responsabilités à l'avenir."
Un sondage publié par le Financial Times en août se montre particulièrement favorable à JD Vance, avec 42% de soutien à son éventuelle candidature parmi l'électorat républicain, contre 18% pour Marco Rubio. D'autres enquêtes les situent cependant nettement plus proches l'un de l'autre.
Autre nom qui a surgi à Dallas est celui du gouverneur de Floride Ron DeSantis.
- "Reprendre le flambeau" -
Absent au Texas, pris par une tournée en Amérique du Sud, Marco Rubio a déclaré mercredi depuis la Colombie "ne pas prévoir pour l'instant" de se lancer dans la course, tout en ajoutant "ne pas savoir ce que le futur (lui) réserve".
Il avait dit auparavant qu'il se rangerait derrière JD Vance en cas de candidature de ce dernier.
Rosie Swanson, retraitée vivant à Dallas, imagine elle un ticket réunissant les deux.
Idéalement, elle souhaiterait pouvoir voter une fois de plus pour Donald Trump, mais la Constitution américaine limite à deux le nombre de mandats présidentiels.
Cela n'empêche pas Angie Fisher de faire partie de ceux qui rêvent d'un troisième mandat - comme elle l'affiche sur sa casquette rouge, brodée "Trump 2028".
"Nous avons besoin qu'il finisse ce qu'il a commencé", plaide cette employée dans un magasin d'électroménager, venue de Caroline du Sud. Ni JD Vance ni Marco Rubio "ne peuvent l'accomplir" à ses yeux.
Pour autant, "je choisirai celui que je crois le meilleur candidat pour reprendre le flambeau et poursuivre son action", affirme la quinquagénaire, sans avancer de nom.
M.Thompson--AMWN