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Tour des Flandres: Wout Van Aert, apaisé mais toujours ambitieux
"Plus vieux et plus sage", Wout Van Aert ne semble plus faire du Tour des Flandres une obsession, sans pour autant abandonner toute ambition pour dimanche.
A 31 ans, le Belge a déjà vécu mille vies dans le cyclisme: l'ivresse des grandes victoires sur le Tour de France (10 étapes) et les classiques, une rivalité absolue avec Mathieu van der Poel et, ces derniers temps, une succession de chutes et blessures qui l'ont fait plonger très bas.
La rudesse du métier est imprimée sur son genou droit dont les impressionnantes cicatrices donnent une idée des épreuves traversées par ce dur au mal, d'abord béni par les dieux de son sport avant d'être poursuivi par la malchance.
Son palmarès, pourtant conséquent, s'en ressent et souffre de la comparaison avec ceux de Van der Poel et de son compatriote Remco Evenepoel, sans parler de Tadej Pogacar.
Les trois ont été champions du monde et ont remporté plusieurs Monuments alors que Van Aert doit se contenter pour l'instant de sa victoire à Milan-Sanremo il y a six ans, déjà.
Au Tour des Flandres aussi, l'œuvre est inachevée. Deuxième en 2020, battu par Van der Poel au sprint, l'homme de Herentals n'est plus jamais monté sur un podium (6e en 2021, 4e en 2023 et 2025) d'une course qui lui semblait pourtant promise.
- "Chair de poule" -
Longtemps, le coureur de Visma y était attendu comme le Messie par tout un pays, exerçant sur lui une pression colossale.
Elle s'est amoindrie au fil des déceptions et de l'emprise du duo Pogacar-Van der Poel, qui à défaut ont offert à Van Aert un élan de sympathie grandissant.
Vendredi, face à la presse, le Belge est apparu souriant et serein et quand on lui en a fait la remarque, il a acquiescé. "Je suis certainement plus détendu qu'il y a quelques années. Je profite davantage du processus. J'accepte plus facilement certaines choses. C'est lié à l'expérience et à l'âge. Plus vieux et plus sage."
Cela lui permet de mieux appréhender cette période ambivalente, à la fois "très stressante" mais qui constitue aussi "l'une des meilleures semaines de l'année, d'être là, au centre de l'attention, sur peut-être la plus belle scène du monde".
"En tant que Belge courir ces classiques est l'une des meilleures choses qui puisse vous arriver. Pendant la reconnaissance du parcours, j'avais encore la chair de poule", a-t-il ajouté.
Lorsqu'il s'est cassé un os de la cheville droite en début d'année en cyclo-cross, énième coup d'arrêt d'une carrière cabossée, sa présence au Ronde était loin d'être assurée. "Mais on savait qu'il restait suffisamment de temps", explique le Campinois, père de deux enfants.
- "Tout devra être réuni" -
Il s'est rassuré d'entrée avec une dixième place aux Strade Bianche, confirmé par un podium à Sanremo derrière Pogacar et Tom Pidcock, avant de se montrer hyper actif à Wevelgem et dans A Travers la Flandre, à l'avant, comme au bon vieux temps.
"Wout a montré (...) qu'il était redevenu un des coureurs les plus forts du peloton. Sur le Tour des Flandres, les meilleurs vont inévitablement se retrouver devant à la fin et Wout y sera", insiste son directeur sportif Grischa Niermann.
Van Aert refuse de s'emballer, désignant Van der Poel et Pogacar comme "les grands favoris." Il s'est même agacé qu'on l'intègre dans les quatre fantastiques avec aussi Remco Evenepoel.
L'ancien coureur belge Greg Van Avermaet, qui a remporté Paris-Roubaix mais s'est toujours cassé les dents sur le Ronde, estime aussi que Pogacar et "MVDP" "sont un cran au-dessus" sur ce parcours.
"Pour Van Aert, tout devra être réuni au moment juste: condition, scénario de course, ouverture tactique...", énumère-t-il dans le journal Le Soir.
Mais Van Aert est clairement "très affûté", constate son ami Daan Soete, et le Belge veut courir comme il "l'aime", c'est-à-dire "de manière agressive".
A cet égard, la participation d'Evenepoel pourrait lui offrir un allié de circonstance. "Ce que j'aime chez lui, c'est qu'il est toujours offensif. Et c'est aussi comme ça que je me vois, donc cela pourrait bien fonctionner. L'objectif est de tout donner et de pouvoir me battre pour la victoire, sans rien regretter."
A.Jones--AMWN