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En Afghanistan, creuser dans la rivière pour un "grain de blé" d'or
Les pépites qu'ils trouvent sont souvent "plus petites qu'un grain de blé", mais dans l'est de l'Afghanistan, des centaines d'hommes creusent la montagne et le lit d'un cours d'eau dans l'espoir de découvrir quelques grammes d'or.
Au pied d'imposants sommets, dont certains encore couverts de neige au mois d'avril, la rivière Kunar coule en flots tumultueux, comme une ligne de vie dans la province du même nom, voisine du Pakistan.
A Kharwalu, en bas d'un village aux maisons en pisé et aux petites parcelles de blé en terrasse, des dizaines d'hommes creusent une partie du lit caillouteux resté sec, puis tamisent leurs tas de pierres avec l'eau de la rivière.
Shahzahdah Gollalah, 50 ans, est l'un de ces orpailleurs: "Il n'y a pas beaucoup d'opportunités de travail ici donc nous avons créé notre propre job", explique ce villageois qui auparavant gagnait sa vie sur des chantiers de construction à Kaboul, à plus de sept heures de route de chez lui.
Mais "les pépites que nous trouvons sont généralement plus petites qu'un grain de blé", tempère ce père de huit enfants.
En aval de la rivière, à Ghaziabad, des centaines d'hommes creusent à la pioche dans la montagne puis descendent sur leur dos, le long d'une pente escarpée, un sac qu'ils vident sur un tamis.
D'autres puisent de l'eau de la rivière dans des bidons jaunes attachés à de grands manches en bois et la versent sur le tamis pour que les pierres plus petites, dans lesquelles pourraient se trouver des morceaux d'or, glissent sur un tapis. Après deux nouveaux tamisages, une pépite apparaît parfois dans un récipient en métal, la battée.
En une semaine, "on peut obtenir un gramme d'or" qui rapporte jusqu'à 8.000 afghanis (106 euros), une somme importante dans ces campagnes, explique à l'AFP Gul Ahmad Jan, 35 ans.
Cette activité existe depuis une quinzaine d'années, explique le chef du département l'Information de Kunar, Najibullah Hanif. Au départ, des mineurs de provinces lointaines riches en or la pratiquaient. Puis, les habitants ont appris les techniques.
"Mais des gens ont commencé à creuser avec des excavateurs, des habitants se sont plaints et ont demandé à l'Emirat islamique d'arrêter ces pratiques destructrices pour les rivières et montagnes", raconte ce responsable des autorités talibanes revenues au pouvoir en 2021.
"Nous n'autorisons maintenant que les méthodes traditionnelles", souligne-t-il, ajoutant que "des milliers" d'hommes pratiquent cet orpaillage artisanal dans la province de Kunar.
D.Sawyer--AMWN