-
Ligue des champions: le PSG rate le Top 8, Monaco en barrages, énorme désillusion pour l'OM
-
Ligue des champions: battu par Benfica, le Real contraint aux barrages
-
La plainte des journalistes Legrand et Cohen contre L'Incorrect classée sans suite
-
Ligue des champions: L'OM, inqualifiable
-
Ligue des champions: Manchester City dans le Top 8 après quelques frissons
-
Ligue des champions: Monaco tient tête à la Juve et se qualifie pour les barrages
-
Ligue des champions: le PSG accroché par Newcastle et sorti du top-8
-
Irak: Maliki, candidat au poste de Premier ministre, dénonce l'ingérence de Trump
-
Ski: Kristoffersen puissance 5 à Schladming, Noël sur le podium avant les Jeux
-
Le vol pour l'ISS avec l'astronaute française Sophie Adenot aura lieu au plus tôt le 11 février, annonce la Nasa
-
Wall Street pas surprise par la Fed, en attendant les résultats des géants de la tech
-
La Fed gèle ses taux et assure pouvoir travailler indépendamment des pressions politiques
-
"Comic strip", cheval et vichy rose: une messe à Paris en hommage à Brigitte Bardot
-
RATP: le nouveau PDG axe sa feuille de route sur la lutte contre la violence dans les transports
-
Mélenchon veut que les gazoducs Nord Stream soient "remis en route"
-
Minneapolis: Trump attaque le maire, deux policiers suspendus
-
L’Allemagne moins optimiste sur la croissance en 2026
-
"Ça y est je suis chevalier!": Macron décore le dernier vendeur de journaux à la criée de Paris
-
Venezuela: Rubio défend la coopération avec les autorités par intérim
-
La Fed gèle ses taux contre l'avis de deux responsables
-
Euro de hand: La claque et la porte pour les Bleus
-
Inondations au Mozambique: "J'en suis venue à souhaiter la mort"
-
Peur dans une ville sicilienne balafrée par un glissement de terrain
-
Au procès en appel du RN, les mauvais comptes du trésorier de Saint-Just
-
Aide à mourir, soins palliatifs: que contiennent les textes sur la fin de vie ?
-
La Bourse de Paris termine en nette baisse, plombée par le luxe
-
La BBC, dans la tourmente, nomme un directeur général par intérim
-
Charles III s'inquiète du "recul" du combat contre le changement climatique
-
"La fierté de toute une nation": ultime hommage en Israël au dernier otage de Gaza
-
Nicki Minaj se décrit comme la "première fan" de Trump
-
La grippe circule encore activement, mais l'épidémie semble fléchir
-
Rappels de lait infantile: le recours d'une association contre l'Etat rejeté
-
La pression s'accentue sur l'Iran, qui menace de répondre "comme jamais" en cas d'attaque américaine
-
Greenpeace dénonce la poursuite du commerce nucléaire entre France et Russie, toujours exempté de sanctions
-
Au Venezuela, l'espoir d'un renouveau de l'industrie pétrolière sous l'impulsion des Etats-Unis
-
Climat: jugement "historique" aux Pays-Bas, ordonnés de mieux protéger une île
-
La tempête Kristin fait au moins quatre morts au Portugal
-
Le gouvernement va s'opposer à la recherche d'hydrocarbures en Outre-mer
-
Recherche en ligne: Londres veut permettre aux sites d'infos de refuser l'IA de Google
-
Cancer du sein: les "nombreuses lacunes" de prise en charge sous la loupe de la Cour des comptes
-
Un pas de plus dans l'interprétation du génome grâce à l'IA
-
Face aux tensions autour du Groenland, France et Danemark appellent au réveil de la puissance européenne
-
Danemark: colère d'anciens combattants après le retrait de drapeaux danois par l'ambassade américaine
-
Hand: Ivry écarte Didier Dinart de son poste d'entraîneur
-
Poutine reçoit le président syrien au moment où Moscou cherche à préserver ses bases militaires
-
Pour financer son appétit pour l'IA, Amazon va supprimer 16.000 postes dans le monde
-
Violences en ligne: les streamers Naruto et Safine jugés en juillet
-
Trump dit que le "temps est compté" pour l'Iran, qui exclut de négocier "sous la menace"
-
Trump attaque le maire de Minneapolis, la "désescalade" fragilisée
-
Taux d'intérêt de la Fed: un retour au statu quo se profile aux Etats-Unis
Venezuela: l'onde de choc de l'attaque américaine laisse une population "terrifiée"
Maria dit ne plus dormir depuis l'attaque américaine du 3 janvier menant à la capture de Nicolas Maduro. Elle était aux premières loges, vivant à quelque 500m de Fuerte Tiuna, le plus grand complexe militaire du Venezuela, où était réfugié le président déchu et sur lequel est tombé un déluge de projectiles.
Comme beaucoup de Vénézuéliens, elle est traumatisée par l'attaque surprise survenue en pleine nuit. Hantée par les déflagrations, elle doit prendre des somnifères.
Elle évoque la fumée orangée s'élevant de Fuerte Tiuna, la lumière jaune qui a empli son appartement, les secousses de son lit, le tremblement des fenêtres. Son fils adolescent agrippé à elle. Les cris déchirants de voisins dans les couloirs de son immeuble...
"Les choses qui se sont passées ce jour-là, je ne veux plus les revivre. Je suis très sensible", raconte Maria, la cinquantaine, sous couvert de l'anonymat et dont le prénom a été changé.
"Même en prenant des médicaments, je sursaute à chaque camion qui passe, à chaque klaxon qui retentit", confie-t-elle. "Je me sens en insécurité, honteuse, en colère, je ressens beaucoup de choses, mais surtout j'ai peur."
"Je suis terrifiée à l'idée que mon fils sorte et qu'il arrive quelque chose", ajoute-t-elle, sans prononcer le mot bombardement.
La peur est omniprésente au Venezuela, où la population traverse des années de répression politique. L'Etat d'urgence décrété juste après l'attaque permet d'arrêter toute personne soutenant l'incursion américaine, imposant un silence généralisé qui contraste avec les manifestations massives de la diaspora.
"Et le dommage psychologique, qui te le répare ?", s'interroge Maria, disant essayer de "recoller les morceaux".
Les troubles du sommeil et les pensées négatives récurrentes révèlent un stress post-traumatique dû à une "peur intense", explique la psychologue Yorelis Acosta.
Les Vénézuéliens, souligne-t-elle, "sont vraiment dans un état d'alerte important" après que Donald Trump a fait bombarder la capitale et les zones alentour, avec un bilan avoisinant la centaine de morts.
Le président américain a, de plus, évoqué de nouvelles attaques si nécessaire.
- "Avancer" -
Lucia était elle dans un des complexes résidentiels du Fort, énorme enclave militaire dans le sud-est de Caracas. Elle a vu les hélicoptères et les flammes de près.
"Je sais désormais qu'un bombardement peut survenir, que cela dépend de qui en a l'envie", dit-elle. Elle a désormais pris toutes les précautions. A présent, des vêtements de rechange pendent à sa porte et, dans son dressing, des sacs remplis de conserves, bouteilles d'eau, masques, compresses, sérum physiologique...
"Il me manque encore des lampes torches et des biscuits", souligne-t-elle, affirmant vouloir "contrôler" ce qu'elle peut et ne pas être démunie en cas de nouvelle attaque.
"Je ne peux pas mettre ma vie en veille sous prétexte que la peur l'emporte. Il faut avancer", assure Lucia, mère de deux enfants, qui refuse l'idée d'une thérapie.
La santé mentale est un tabou et un luxe dans ce pays en crise permanente. Dès le 3 janvier, la Fédération des psychologues du Venezuela a étendu les horaires de sa ligne d'assistance gratuite.
Depuis, les téléphones n'arrêtent pas de sonner. La moitié des appels sont dus à des "symptômes liés à l'anxiété, des attaques de panique, où la personne se trouve très perturbée, angoissée", explique la psychologue Paola Hernandez, coordinatrice de la ligne.
Lydia montre sur son téléphone une photo qui circule sur les réseaux sociaux et parue notamment dans le magazine Time : une fumée grise et orangée s'élève depuis Fuerte Tiuna, vue depuis le quartier populaire voisin et ses habitations précaires de briques et de toits en tôle.
Elle l'efface sans tarder : "Je ne peux pas me balader avec ça, imagine s'ils me trouvent avec ça dans la rue", dit-elle avec crainte.
Des ONG comme Espacio Publico signalent des fouilles de téléphones sans mandat aux barrages de police de Caracas et d'autres villes. Les autorités traquent avec des programmes des mots comme "bombardement", "Trump" et "Maduro" sur les plateformes de messagerie et fouillent les galeries photos.
"Cette normalité, ce silence que nous observons dans la rue, comme si rien ne s'était passé, est pour moi lié à un désespoir acquis, à la peur" de "subir" des représailles des forces de sécurité, souligne la psychologue Yorelis Acosta.
Plus de 700 personnes sont détenues pour des raisons politiques, selon le décompte de Foro Penal, et des dizaines ont été arrêtées en raison de messages sur les réseaux critiques envers le gouvernement.
La peur est toujours là. Dans la rue ou chez elle, insiste Maria. Elle ne trouve pas le calme après le bombardement. "Il faut prier beaucoup Dieu pour qu'on ne revive pas ça", dit-elle la gorge nouée. "La seule chose qu'on a, c'est le présent".
Th.Berger--AMWN