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Venezuela: Rubio défend la coopération avec les autorités par intérim
Le gouvernement américain a affiché mercredi sa volonté de coopérer avec le Venezuela quelques semaines après la capture spectaculaire de Nicolas Maduro, tout en se déclarant déterminé à maintenir la bride sur Caracas.
S'exprimant devant une commission parlementaire, le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio a également espéré que le gouvernement américain puisse être représenté rapidement dans le pays.
Les Etats-Unis devraient être en mesure d'"ouvrir une représentation diplomatique américaine dans un avenir proche, ce qui nous permettra d'obtenir des informations en temps réel et d'interagir avec les autorités vénézuéliennes ainsi que des membres de la société civile", a-t-il dit.
La semaine dernière, les Etats-Unis ont nommé Laura Dogu, ancienne ambassadrice au Nicaragua et au Honduras, au poste de chargée d'affaires des Etats-Unis au Venezuela, basée pour l'instant à Bogota, en Colombie.
Une décision perçue comme un réchauffement des relations diplomatiques entre les deux pays, rompues en 2019.
Dans des remarques distribuées à l'avance mardi soir, mais qu'il n'a pas prononcées, M. Rubio avait averti que les Etats-Unis pourraient de nouveau avoir recours à la force si le Venezuela ne se montrait pas suffisamment coopératif.
Il avait également émis une menace à peine voilée vis-à-vis de la présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez, disant qu'elle était "très consciente du sort réservé à Maduro".
Mais il a adopté un ton plus mesuré devant la commission des Affaires étrangères du Sénat.
"Je peux vous dire dès maintenant avec certitude que nous ne sommes pas prêts à mener une action militaire au Venezuela, que nous n'avons pas l'intention de le faire et que nous ne prévoyons pas d'avoir à le faire", a-t-il déclaré.
Le secrétaire d'Etat américain, considéré comme l'artisan de la politique des Etats-Unis vis-à-vis du Venezuela, a défendu avec force l'opération militaire qui a permis de capturer début janvier le président chaviste, qui est détenu depuis aux Etats-Unis et inculpé pour narcotrafic.
Il s'est félicité des progrès accomplis avec les autorités intérimaires dirigées par l'ex-vice-présidente Delcy Rodriguez, toujours sous le coup de sanctions américaines.
"Nous avons affaire à des gens qui ont passé la majeure partie de leur vie dans un paradis pour gangsters. Cela ne va donc pas se faire du jour au lendemain, nous n'allons pas changer la situation en une nuit. Mais je pense que nous faisons des progrès satisfaisants", a-t-il dit.
Il a notamment insisté sur le fait que Washington a établi "des conversations directes et respectueuses avec les éléments qui contrôlent ce pays".
L'ex-vice-présidente de M. Maduro a été investie cheffe de l'Etat par intérim le 5 janvier, deux jours après la capture de l'ex-président vénézuelien. Mais Donald Trump a clairement annoncé que Washington entendait "dicter" les décisions du Venezuela jusqu'à nouvel ordre.
Elle a affirmé dimanche que "les ordres de Washington aux politiques vénézuéliens, ça suffit".
- Le levier du pétrole -
Plusieurs élus démocrates ont ironisé mercredi sur le fait que l'administration Trump ait "troqué un dictateur contre un autre".
La sénatrice Jeanne Shaheen a relevé que l'opération avait coûté plusieurs centaines de millions de dollarsy: "et pourtant, le régime Maduro est toujours au pouvoir".
"Sa coopération semble tactique et temporaire, et ne constitue pas un véritable changement dans l'alignement du Venezuela", a-t-elle affirmé.
Après son audition, Marco Rubio doit rencontrer à huis clos l'opposante et lauréate du Nobel de la Paix Maria Corina Machado, avec qui Washington entretient une relation ambigüe, disant la soutenir mais préférant traiter pour le moment avec les autorités par intérim.
Sous la pression américaine, Mme Rodriguez a signé des accords pétroliers avec les Etats-Unis, engagé une réforme législative comprenant notamment une loi sur les hydrocarbures, libéré des prisonniers politiques et appelé à trouver des accords avec l'opposition.
A cet égard, M. Rubio a insisté sur le levier du pétrole vénézuelien qui est sous sanctions des Etats-Unis, et qui selon ses détracteurs aurait motivé l'opération militaire américaine.
"Nous vous autorisons à commercialiser le pétrole sanctionné et soumis à la quarantaine (..) au prix du marché. En contrepartie, les fonds ainsi générés seront déposés sur un compte que nous superviserons, et vous devrez dépenser cet argent dans l'intérêt du peuple vénézuélien", a-t-il dit.
O.Johnson--AMWN