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Trophée des Champions: De Zerbi cherche le fil
Aussi indiscutable qu'inattendue, la défaite de l'OM dimanche contre Nantes a exposé l'entraîneur marseillais Roberto De Zerbi, qui a pris sur lui la responsabilité de ce revers et qui doit trouver des solutions dès jeudi au Koweït, lors du Trophée des Champions face au Paris SG.
Quand il est interrogé sur ses choix les soirs de mauvais résultat , De Zerbi répond parfois que la vie d'un coach serait plus simple s'il pouvait par avance "lire le journal du lendemain".
Dans ceux de lundi, après le 2-0 subi à domicile contre Nantes, barragiste au coup d'envoi, le technicien lombard aura lu le doute et l'incompréhension de nombreux suiveurs et supporters de l'OM, qui se demandent comment une équipe où évoluent des joueurs du calibre de Mason Greenwood, Benjamin Pavard, Pierre-Emile Hojbjerg ou Pierre-Emerick Aubameyang a pu se faire à ce point secouer par les Canaris.
"Je me considère comme le premier responsable de cette défaite. Quand une équipe est comme ça, le premier responsable est l'entraineur. J'aimerais savoir pourquoi il y a ces hauts et ces bas", a reconnu De Zerbi dès l'après-match.
- ouvrir le parapluie -
De fait, pour sa deuxième année aux commandes de l'OM, l'Italien peine encore à donner une vraie constance à son équipe. Capable de battre le PSG en championnat ou Newcastle et l'Ajax Amsterdam en Ligue des Champions, l'OM perd des points contre les moins côtés, à l'image de la défaite de dimanche ou des matchs nuls concédés dans les derniers instants contre Toulouse ou Angers.
"A Marseille, il faut ouvrir le parapluie quand il fait beau", répète pourtant régulièrement De Zerbi, qui redoute plus que tout que ses hommes baissent la garde ou s'endorment sur leurs lauriers.
Mais cela ne suffit pas toujours et, il l'a reconnu dimanche soir, il n'avait perçu aucun signe avant-coureur du fiasco nantais lors d'une semaine où il avait vu ses joueurs "bien travailler". "Sinon, j'aurais renversé la Commanderie", a-t-il assuré.
Dimanche pourtant, les Marseillais ont semblé sans énergie et, surtout, parfois débordés par leur propre organisation et par les schémas complexes imaginés par De Zerbi.
Comme régulièrement cette saison, on a ainsi vu le latéral Emerson s'installer à l'intérieur du jeu, où il n'a pas apporté énormément. En début de match, Pavard s'est lui souvent retrouvé en position de quasi-ailier droit, à multiplier les appels dans le dos des défenseurs. Et malgré les insertions d'Emerson ou de Timothy Weah, la présence de cinq défenseurs a parfois créé un grand vide au milieu de terrain.
- coach et psychologue -
Mais De Zerbi, dont le coaching en cours de match n'a pas non plus connu de succès et qui n'a pas été aidé par deux expulsions, a balayé toute explication tactique. "Aujourd'hui, on aurait fait un mauvais match même en jouant à 14, peu importe qu'on ait défendu à deux ou trois", a-t-il expliqué.
Le problème pourrait donc être mental et, comme souvent à l'OM, l'entraîneur doit s'occuper des têtes autant que des jambes. "Je fais ce métier à haut niveau depuis 12 ans et de plus en plus, il faut faire le psychologue", a ainsi expliqué De Zerbi dimanche.
Son diagnostic fait écho à ceux posés avant lui par d'autres coachs tout aussi perplexes face aux montagnes russes des résultats marseillais, comme Gennaro Gattuso ou le regretté Jean-Louis Gasset. "Je ne suis pas coach mental ou psy", avait ainsi déploré l'Italien, alors que Gasset avait assuré: "le préparateur mental c'est moi".
Bien placé en Ligue des Champions, qualifié pour les 16e de finale de Coupe de France et toujours 3e de L1, l'OM n'est certes pas décroché mais semble donc sur un fil. De Zerbi, lui, se creuse la tête. "Je ne dors pas la nuit pour essayer d'améliorer les choses", a-t-il promis.
Depuis Nantes, il aura eu quatre nuits et trois jours pour trouver la clé du duel à venir face au PSG. Il y était parvenu en septembre en championnat (victoire 1-0 au Vélodrome).
M.Thompson--AMWN